Communiqué de Presse :
Manque d’hébergements d’urgence : Ce n’est pas aux familles résidant dans les foyers ADOMA du Rhône d’en payer le prix !
Ces dernières années le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté ne cesse d’augmenter sur le département du Rhône et sur notre commune d’Oullins-Pierre-Bénite. De plus en plus de familles se trouvent en situation de grande précarité, sans suffisamment de ressources pour se loger et se nourrir décemment.
Depuis une quinzaine d’années, les foyers ADOMA du Rhône et celui de La Clavelière à Oullins- Pierre-Bénite s’inscrivent dans les dispositifs d’offres d’hébergements d’urgence. Sur notre commune, 112 personnes sont ainsi prises en charge et bénéficient d’un accompagnement social jusqu’à une sortie positive, c’est à dire une insertion et l’obtention d’un logement social.
Face à l’augmentation de demandes de nouvelles familles touchées par la pauvreté et au manque d’hébergements d’urgence, la Préfecture et la Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités ont décidé d’expérimenter une nouvelle politique d’attribution d’hébergements sur les foyers ADOMA de Vaulx-en-Velin et d’Oullins-Pierre Bénite. L’accueil ne sera plus inconditionnel mais sera soumis à des critères de vulnérabilité.
Ainsi pour bénéficier d’un hébergement d’urgence, il faudra avoir un enfant de moins de trois ans ou être atteint d’une maladie grave ou être porteur d’un handicap ou avoir subi des violences.
Avec ces nouvelles règles de tri de la misère, dès qu’une famille aura un enfant de plus de 3 ans ou que l’un de ses membres sera en rémission d’une maladie grave…, elle risquera de retourner à la rue avec de graves conséquences et notamment en matière de santé mentale.
Alors que leur situation économique et sociale n’est toujours pas stabilisée, plusieurs dizaines de familles accueillies actuellement au sein des foyers ADOMA du Rhône, dont 27 personnes du foyer de La Clavelière, sont concernées.
C’est inacceptable !
C’est d’autant plus révoltant quand on sait que ces familles sont souvent bloquées depuis plusieurs années dans ces dispositifs d’hébergement d’urgence à cause du manque de logements sociaux ou de procédures de demande de titre de séjour interminables.
Faute de créations de nouveaux hébergements d’urgence, l’Etat met ainsi en place un système d’alternance entre des périodes en foyer de plus en plus courtes et des périodes sans toit de plus en plus longues. Un cycle inique et infernal où il sera impossible pour les familles d’avoir accès à un hébergement durable, première condition pour sortir de la pauvreté.
Comme les Nations Unies le rappellent et conformément au droit international, dans l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et dans l’article 11.1 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966, avoir un logement convenable signifie bénéficier de la sécurité d’occupation d’un logement, sans craindre d’être expulsé. C’est un droit de l’homme qui doit être mis en œuvre à travers des politiques et des programmes gouvernementaux appropriés.
C’est pourquoi, nous, organisations signataires, demandons au Préfet du Rhône comme au directeur départemental de la DDETS, de renoncer à cette expérimentation et de lancer dès à présent un plan pluriannuel de créations de nouveaux hébergements d’urgence et de logements sociaux sur le département au lieu d’envisager un système de mises en concurrence des précarités.
Nous réaffirmons le droit au logement comme étant un droit fondamental, il est ainsi urgent de :
• Relancer la construction du logement social en revenant sur les coupes budgétaires de M. Macron pour les organismes HLM de 1,4 milliard d’euros annuels ;
• Créer les places d’accueil d’hébergement d’urgence permettant un accueil
inconditionnel et procéder dans les situations d’urgence à la réquisition des logements vides nécessaires pour loger les sans-abris.
Les signataires :
Le comité local du Nouveau Front Populaire d’Oullins-Pierre-Bénite à l’initiative du communiqué.
La Ligue des Droits de l’Homme Lyon Confluences.
La section FCPE du collège la Clavelière.
Contact presse :
NFP-OPB@protonmail.com